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Quelles graines pour quels oiseaux

Une graine n’est pas un aliment universel. C’est un objet mécanique qu’un bec ouvre ou n’ouvre pas. Le tri se fait sur l’épaisseur de la coque, pas sur le goût.

Ce qui trie vraiment : la coque, pas la saveur

Un bec de mésange bleue pèse moins d’un gramme et travaille en maintenant la graine sous la patte pour la marteler. Un bec de gros-bec exerce une pression de plusieurs dizaines de kilogrammes et casse un noyau de cerise. Entre les deux, chaque espèce a un seuil au-delà duquel une graine coûte plus d’énergie qu’elle n’en apporte.

C’est ce seuil qui explique les mangeoires désertées. Un mélange bon marché composé majoritairement de blé et de milo n’est pas mauvais : il est simplement destiné à des oiseaux terrestres. Les mésanges le trient, jettent au sol ce qu’elles ne peuvent pas ouvrir, et la mangeoire semble se vider alors que rien n’a été mangé.

Le tournesol noir, et pourquoi il domine

Le tournesol noir a une coque fine et un rapport lipides sur masse élevé. Il est ouvert aussi bien par une mésange que par un verdier, ce qui en fait la seule graine qui ne trie presque personne. C’est la raison pour laquelle le tournesol noir est le point de départ raisonnable d’un poste de nourrissage, avant tout mélange.

Le tournesol strié, plus gros et à coque épaisse, écarte les plus petits becs. Le tournesol décortiqué supprime le tri et les déchets au sol, mais s’oxyde plus vite et coûte plus cher au kilo utile. Les trois se rangent dans la catégorie tournesol, où les cotes de calibre sont données sac par sac.

Les graines qui trient, et ce qu’elles sélectionnent

Le nyjer, très fin, est réservé aux becs effilés : chardonneret, tarin. Il exige un distributeur à fentes étroites, sans quoi il s’écoule au sol. Les cacahuètes non salées et non grillées demandent une cage à maille : entières, elles peuvent étouffer un jeune au printemps.

Les vers de farine séchés ne sont pas une graine. Ils comblent le seul manque que les graines ne couvrent pas : la protéine animale, dont le rouge-gorge et les insectivores dépendent. Réhydratés dans un fond d’eau tiède, ils sont acceptés plus vite.

Ce qu’il ne faut pas mettre

Le pain gonfle et n’apporte presque rien. Le lait n’est pas digéré. Tout produit salé — cacahuètes apéritives, lard de cuisine, restes assaisonnés — pose un problème d’élimination du sel. Les graines moisies sont à jeter : une mangeoire humide est un foyer de transmission entre individus qui s’y succèdent.

La question du support compte autant que celle du contenu. Une mangeoire silo à toit débordant garde les graines sèches ; un plateau ouvert exposé à la pluie transforme n’importe quel mélange en compost en trois jours.

Ce que chaque graine sélectionne

Acceptation par espèce. Les cellules non confirmées sur une source primaire portent le marqueur de vérification.
GraineBecs concernésSupport
Tournesol noirMésanges, verdier, sittelle, pinsonSilo ou plateau
Tournesol striéVerdier, gros-bec, pinsonSilo ou plateau
Tournesol décortiquéToutes les espèces ci-dessusSilo à l’abri
NyjerChardonneret, tarinSilo à fentes étroites
Cacahuète non saléeMésanges, sittelle, pic épeicheCage à maille
Vers de farine séchésRouge-gorge, merle, troglodyteCoupelle au sol
Blé, milo, orgeEspèces terrestres uniquementSol

Questions fréquentes

Un mélange tout prêt suffit-il ?

Cela dépend de sa composition. Un mélange dont le premier ingrédient est le blé ou le milo sera largement trié et jeté au sol par les mésanges. Lisez la composition avant le prix au kilo.

Faut-il donner des graines toute l’année ?

Le nourrissage se pratique surtout de novembre à mars, quand les insectes manquent. Au printemps, les couvées consomment des insectes : les cacahuètes entières et les graines sèches sont à éviter à cette période.

Pourquoi les graines finissent-elles au sol ?

C’est du tri. L’oiseau écarte ce qu’il ne peut pas ouvrir pour atteindre ce qu’il cherche. Un mélange trop hétérogène produit beaucoup de déchets ; une graine unique adaptée en produit très peu.

Les graines décortiquées sont-elles plus économiques ?

Au kilo, elles coûtent plus cher. Au kilo réellement consommé, l’écart se réduit puisqu’il n’y a ni coque ni tri. Elles rancissent en revanche plus vite et supportent mal l’humidité.